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Traduction, linguistique et anglicismes
J’ai étudié en traduction à l’université. Dès la première journée, je me suis demandée ce que je faisais là. J’aime l’écriture, j’aime la langue, mais pas au point de passer mes jours à me casser la tête avec les écrits de quelqu’un d’autre. On me disait après chaque exercice que mes mots n’étaient pas appropriés, que je n’utilisais pas les bons termes.
Le fait est que j’aime mes mots. Si j’utilise un mot en particulier, c’est parce que j’aime sa sonorité, la forme qu’il a quand ses lettres sont agencées et les images qui me viennent à l’esprit lorsque je l’entends. Les traducteurs, en général, se fichent de tout ça. Ils suivent les règles établies, connaissent les formules à utiliser et possèdent des piles de dictionnaires qui renferment les termes qu’ils ont le droit d’utiliser.
Je suis trop indisciplinée pour travailler de cette façon. Bon, d’accord, j’aime beaucoup mon dico de synonymes et mon logiciel Antidote, mais le reste de mes bouquins sert de poids pour sécher mes trèfles à quatre feuilles.
Tandis que j’ai adoré mon cours de linguistique, (qui m’a aidé à améliorer mon propre langage inventé) j’ai complètement raté mon cours d’anglicismes. Comment est-ce possible ? Parce qu’ils ont ciblé des termes et des expressions que je n’ai jamais entendu de ma vie, sorties tout droit du franglais. Pourquoi donc me casser la tête à apprendre des mots que je ne dois pas utiliser de toute façon ? J’ai refusé de les étudier et j’ai coulé l’examen. (ce qui, dans le fond, n’était pas brillant de ma part, je le concède…)
Je garde quand même quelques habitudes acquises pendant ces deux ans. Par exemple, mes poils de bras se dressent lorsque j’entends les mots « cédule » (angl:horaire) y’onvaient (ils avaient) sontaient (ils sont) tiendre (tenir) caractères (personnages) grocerie (angl:épicerie) et quelques autres petits bijoux dont je ne me souviens pas pour l’instant.
Et si je ne parle pas comme j’écris, j’écris beaucoup mieux que je parle. 🙂
ps: Cet article a été écrit dans un but de divertissement seulement, toute ressemblance avec la réalité n’est qu’un pur hasard, aucune lettre n’a été maltraitée pendant l’écriture de ce texte.
Parole d’Aspie 1
Comment ai-je su qu’Emmanuel était différent ? Pas parce que les docteurs me l’ont dit, mais parce que je le savais.
À quelques mois, au lieu de se retourner pour attrapper des jouets, il s’étirait de façon impossible (c’était moins de trouble) Pour utiliser le côté de son gym, il le tirait vers lui. Il dormait toujours du même côté (son crâne s’était applati) C’était la crise de nerf si on l’obligeait à se tourner. J’ai dû lui jouer un tour pour le forcer à regarder de l’autre côté en lui posant un jeu de musique et lumières.
Il n’a jamais marché à 4 pattes. Il s’est traîné, puis s’est mis debout.
À 1 an il adore son ombre, la lune et les étoiles et répète des mots.
À 2 ans il savait tout son alphabet et des couleurs tels que le bleu, rouge, vert, jaune, blanc, rose, brun, noir, gris, orange. Il a peur des portes de garage et du trou du bain.
À 3 ans il pouvait se servir d’un ordinateur pour faire des jeux simples, mais ne lui parlez pas d’un puzzle. Il ne sait pas quoi faire d’un téléphone. Il répète des phrases de publicités. Pas moyen de lui faire dire qu’il veut du jus, mais il sait dire qu’il y a un gros hélicoptère dans le ciel. Si je ne le surveille pas, il se sauve chez les voisins. Il a peur du tonerre et des champignons… d’ailleurs, il refuse d’en manger.
À 4 ans il savait ses chiffres et il pouvait lire des mots, tels les titres de ses chansons favorites qu’il pouvait retrouver dans une liste de 200 chansons. Il peut tirer une balle comme un pro, mais est incapable de l’attrapper. Les parties du corps le fascine, il adore les livres sur l’anatomie, l’astronomie et Caillou. Il a peur des sirènes et du bruit que font les camions lourds.
À 5 ans
Il adore les Super Machines. Sa question préférée est Pourquoi. J’ajoute une cloche à ma porte pour savoir lorsqu’il sort à l’extérieur. Un jour il entre de dehors alors qu’il était supposé être dans sa chambre. Il dit qu’il a fait une pratique de feu. Sur son lit, je vois une pile d’objets sur lesquels il a grimpé pour sortir par la fenêtre. Il a peur du feu.
À 6 ans, c’est la maternelle. Il connait les formes tels un carré, rond, oval, triangle, prisme rectangulaire, prisme triangulaire, cube, sphère. On voit déjà qu’il y a un problème. Il refuse de travailler, préfère s’amuser, il a de la difficulté à écrire, ne sait pas lacer ses souliers, boutonner ses pantalons. Il ne se fait pas d’amis.
À 7 ans, première année, le professeur fait presque une dépression nerveuse. Emmanuel refuse de faire les travaux, se frappe après les casiers, colle les murs, se roule par terre, ne rentre pas quand la cloche sonne, se bouche les oreilles, le nombre d’enfants l’énèrve et il est incapable de travailler seul. Il a peur que l’école s’écroule. Il s’intéresse aux phénomènes météorologiques, à l’espace et connait les couleurs primaires, secondaires, tertiaires. On se rend chez un spécialiste pour vérifier si mes doutes sont fondés.
J’avais raison. Emmanuel est Asperger. C’est un genre d’autisme. Ils sont très intelligents, mais possèdent les émotions d’un petit enfant pendant très longtemps, donc ils sont très sensibles au bruits, au toucher, au goût, aux insultes.
À suivre…
Ouverture du blog… encore
J’ignore le nombre de blog que j’ai commencé et dû laisser tomber. Je m’essaie à nouveau.
Si Dieu Existe
18 avril 1998
Shedal
Si Dieu existe;
Il doit souffrir de voir son œuvre de création mutilée
Tous ses magnifiques tableaux, ses paysages et natures mortes sont brûlés et détruits
Le prodigieux équilibre qu’il a conçu pour la Terre est désorganisé
Tout ce qu’il a accompli sera bientôt anéanti
Si Dieu existe;
Il doit être déçu du comportement humain
La haine, la vanité, la stupidité, la cupidité
Voilà la déchéance de leurs valeurs
L’homme se croit supérieur, alors qu’il se prend lui-même pour un simple objet
Si Dieu existe;
Il doit en avoir assez de ces aberrations
Il voudra peut-être y mettre fin une fois pour toutes
Les humains refusent d’évoluer ? Tant pis pour eux.
Un déluge ou deux devraient faire l’affaire
Une comète, ou mieux, un virus mortel
Une glaciation, un tremblement de terre
Un volcan, une sécheresse
Les plaies d’Égypte deviendront de pauvres reliques face à ces désastres surnaturels
Si Dieu existe;
Il doit être présentement en train de m’écouter
Il doit se dire qu’il y en a au moins une qui a compris
Il croira peut-être que s’il y en a une, il peut y en avoir plusieurs
Il se demandera s’il doit leur laisser une autre chance avant de se fâcher
Il devrait au moins y penser
Si Dieu existe;
Je veux lui demander pardon
Pour tous les sols qu’on a souillés
Pour toutes les lois qu’on a violées
Je m’excuse et lui prie de pardonner tous les humains, tous les Terriens
Car cette fois-ci, je le crains, ils ne savent vraiment pas ce qu’ils font
L’Histoire semble se répéter
Si c’est le cas, Tu dois être habitué
Le monde est fou
Et la Terre est fatiguée de nous porter
Si Dieu existe;
Il devrait s’approcher de nous et cesser d’être si lointain
Il devrait venir nous enseigner la sagesse de son art
Il doit s’occuper de ses enfants, de ces pauvres âmes sans but
Il doit mettre fin à ce carnage, à cette expérience meurtrière
Si Dieu existe;
Seulement s’il existe
Mais, s’il n’existe pas
Je comprendrai alors la raison de son silence
Je comprendrai également la brutalité de notre espèce
Je saurai que la folie fait partie de nous-mêmes
Et que le concept d’un dieu créateur, d’une bonté divine, n’est que pure utopie
Si Dieu n’existe pas;
Je ne m’étonnerai plus de la bêtise humaine
Et de son destin qu’il se plaît à rejouer inlassablement,
Comme une roue brisée sur un chemin délabré.
J’attendrai tout bonnement que le cycle vienne à se terminer
Pour le voir repartir de plus belle
Si Dieu n’existe pas;
J’enlèverai la parole aux orateurs du dimanche
Je brûlerai les affiches à l’entrée des églises
Je saccagerai les monuments anciens aux visages d’anges
Je plongerai les dévots en pleine obscurité
Pour que même durant le jour, ils ne puissent voir l’inutilité de leur existence.
Si Dieu n’existe pas;
Je deviendrai comme les tyrans, sans remords, sans souci
Je saurai que malgré tous mes délits, je ne serai jamais punie
Je regarderai le ciel en riant,
En me disant qu’ils sont crédules ceux qui croient à la vie éternelle
Je plongerai ensuite mon regard sur la Terre, la trouvant sans intérêt et laide
Si Dieu n’existe pas;
Je n’ai pas de raison d’exister
Ma vie ne doit pas seulement me mener à la mort
Et la mort ne doit pas être ma fin
Pourquoi créer l’âme si ce n’est que pour un infime morceau de temps?
Pourquoi nous donner la vie si c’est pour ensuite nous l’enlever?
Si Dieu n’existe pas;
Seulement s’il n’existe pas
Parce que si Dieu existe
Je comprendrai alors d’où provient la voix de ma conscience
Je comprendrai également pourquoi ma vie semble incomplète sans sa présence
Mon esprit pousse un cri en silence
Cherchant désespérément à se faire entendre de ce Dieu Tout Puissant
À voix haute, je ne peux que chanter les notes de mon existence passagère
Si tu es juste, si tu es bon
Tu comprendras, Seigneur, que ma peine se joint à la tienne
Si Dieu existe;
Il doit être ici, avec nous tous
Il doit nous trouver courageux de garder un soupçon de foi
Il ne doit pas être fâché de voir qu’on se créé dans nos pensées,
Un refuge pour l’accueillir quand la vie devient trop compliquée
